Demo

front ecrit

 

Le roi des aulnes

Une traduction libre de Robert Liebtag

Qui chevauche si tard dans la nuit et le vent ?
C’est le père avec son enfant.
Il serre son fils tout contre son corps
Le tient au chaud en ses bras forts.

Mon enfant, pourquoi caches-tu ton visage ?
Ne vois-tu pas père, près de ses ramages,
Le Roi des Aulnes avec couronne et voilages ?
Mon fils, le brouillard estompe le paysage.

Toi cher enfant, viens avec moi !
De très beaux jeux je joue avec toi.
Vois ces belles fleurs au bord de l’eau
Ma mère possède des tissus très beaux.

Mon père, mon père, n’entends-tu pas
Ce que le Roi me promet tout bas ?
Sois calme, tranquille et serein mon enfant,
Dans les feuilles sèches, bruisse le vent.

Mon père, mon père, ne vois-tu pas toi
Les filles du Roi à ce sinistre endroit ?
Mon enfant, mon enfant, je la vois précise
L’image de vieux saules dans la nuit grise.

J’aime bien ta stature d’esthète joli
S’il le faut, contre ton gré, je te ravis !
Mon père, mon père, le Roi cavale
Tout près de nous, il me fait mal.

Le père frissonne, rapide comme le vent
Il chevauche en tenant ferme son enfant
Et arrive enfin à son château fort
Dans ses bras, l’enfant était mort.

Johann Wolfgang Von Goethe  (1749-1832)

Mots-clés: Culture, Art et littérature

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