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Idées vertes

Encore un effort !

La communauté de l'agglomération d'Annecy met en place un comité sur la qualité de l'air (voir ici l'article publié dans l'Essor Savoyard). La démarche est louable et, pour tout dire, elle constitue à elle seule une heureuse surprise, compte tenu des réactions contrastées de la part de nos élus lors de la publication du rapport accablant de l'OMS qui classait Annecy deuxième ville la plus polluée de France (voir ici).

On se souvient que certains d'entre eux allaient jusqu'à contester l'information. Il est en outre inaccoutumé de voir se manifester un intérêt concret pour l'environnement autour de notre joli lac et, là aussi, saluons le changement.
En France, la démocratie est représentative. Nous élisons des délégués, (maires, députés, conseillers, etc.) pour nous représenter dans les différentes instances. Ceux-ci sont donc, en principe, mandatés pour penser et agir en notre nom pour l'intérêt général.
La communauté de l'agglomération d'Annecy a pourtant choisi de déroger à ce principe pour consulter un panel de 700 citoyens vivant dans son périmètre. Pourquoi ? Pour que ceux-ci lui proposent des idées. C'est inhabituel, convenons-en. C'est un peu préoccupant aussi quant à la capacité d'imagination de nos édiles quand il s'agit d'écologie.
Les 700 citoyens tirés au sort vont-ils être plus féconds ? Les électeurs d'Annecy et de son département font le bonheur des partis de droite en les gratifiant depuis des lustres de pourcentages très flatteurs à chaque nouveau scrutin. Nous avons pu constater en outre que les préoccupations environnementales n'alourdissaient pas démesurément le programme de ces formations politiques. Le dérèglement climatique, quand ils ne le dénient pas, ne les affole pas outre mesure si l'on en juge par le peu d'empressement qu'ils manifestent pour sauver notre planète.
Peut-on, par conséquent, raisonnablement espérer qu'il ressorte des idées renversantes de cette consultation auxquelles nos élus n'auraient pas déjà pensé ?
Bien des gens, dont je fais partie, s'inquiètent depuis longtemps des pollutions mortifières qui empoisonnent l'air de notre si belle région et plus généralement l'atmosphère de notre terre tout entière et ils le font savoir.

Alors, si les idées manquent, pourquoi ne pas s'adresser plutôt à ceux qui se sont déjà penchés sur le problème ?

Un collectif d'associations environnementales, en réaction au projet de tunnel routier sous le Semnoz promu par le Conseil départemental, s'est constitué pour proposer des solutions alternatives à ce projet qui, s'il était retenu, aggraverait sensiblement la pollution aux particules fines et en émissions de GES en facilitant la croissance d'un trafic routier déjà trop dense.
Ce collectif à envoyé une lettre (que vous trouverez ici) à tous les élus du secteur, au printemps 2015. Aucune réaction significative de la part des destinataires n'est remarquée à ce jour.
Pourtant, des idées, ils en ont ! Et mûrement réfléchies.

La solution de construire un tramway reliant Faverges et la Balme de Sillingy à Annecy en desservant les communes intermédiaires parallèlement à une série de mesures décourageant l'utilisation de la voiture en agglomération au profit de transports en commun, de la bicyclette ou de la marche à pied est particulièrement séduisante et son efficacité est convaincante.

Évidemment, ça demande un peu de courage politique de la part de ceux qui sont en charge de notre bien commun car l'on peut imaginer que beaucoup de nos concitoyens se feront tirer l'oreille pour laisser leur voiture au garage.
Et il y a fort à parier que parmi les 700 citoyens consultés, s'ils répondent à l'appel, seront peu nombreux ceux qui proposeront une solution aussi radicale (c'est peut-être pour cette raison qu'on les consulte).
Mais ne vaut-il pas mieux prendre des décisions quand il est encore temps sachant que, de toute façon, elles nous seront imposées par les faits.
Gouverner c'est prévoir, dit-on. On est loin du compte.
Il n'est cependant pas trop tard pour éviter le pire. Alors chiche !
À moins que ce comité sur la qualité de l'air ne soit qu'un os à ronger avant les élections régionales qu'on enterrera très vite.
Mais ça, je ne peux pas y croire.

Philippe Renck

Mots-clés: Environnement, Politique, Santé

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